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12/06/2006 (voir suite au 13/06/2006, 15/06/2006, 17/06/2006, 20/06/2006)

ridicule : Bonjour, Dans une de vos réponses vous dites qu'on détruit la planète (pollution, essence etc.) pour maintenir la société. Est-ce qu'en détruisant la planète on ne détruit pas aussi la société, ce qui voudrait dire qu'en faisant survivre la société on détruirait la société ?
Tout à fait, mais l'échéance ne semble pas la même. Philosophiquement le thème est intéressant : une société peut-elle exister sans support "propre" ? Quel que soit l'état lamentable de contamination (voir les habitants autour de Tchernobyl) l'humain défend sa société et continue à vivre les pieds dans la m... La survie de ces milliers de familles résident plus (pour elles) au sein d'une terre et dans des habitations qu'elles possèdes, qu'elles connaissent, où leurs ancêtres sont enterrés, plutôt que s'entasser dans une grande ville éloignée, où il faudrait repartir de zéro. Sans oublier le coût trop élevé du voyage ainsi que l'image de "pestiférés" qui suit ces personnes dans une ville étrangère.

Comment selon vous s'organise la hiérarchie des intérêts de survie ?
La pyramide des besoins de Maslow est une réponse possible.
En bas de cette pyramide il y a "combler ses besoins primaires" (manger, boire, dormir, ) Ensuite viennent les besoins plus subtiles, jusqu'à celui de "l'estime de soi". Le problème, c'est que lorsqu'une grand mère n'a pas assez à manger pour elle et sa petite fille, elle peut avoir comme "survie" de mourir en laissant à sa petite fille la nourriture, parce que pour cette grand mère, sa survie passe par le sacrifice, par la continuité temporelle que représente sa petite fille, etc. Donc, le besoin primaire n'est pas comblé alors que la dernière marche l'est.
Maslow se serait-il trompé ?
Non, dans la plupart des comportements cette échelle est respectée et constitue donc une réponse possible à votre question. La hiérarchie de nos intérêts de survie est inné, et surtout acquise (notre éducation et notre vécu (les évènements de notre vie)). Elle est différente pour chacun, même si on peut faire des "groupes" (personnes ayant la même philosophie de vie).

Et vous semblez sous-entendre que c'est mal de détruire la planète, pourquoi ?
Je ne sous-entends rien. C'est " mal " si on veut optimiser nos chances de survie (car on survie plus facilement dans un environnement non empoisonné), c'est " bien " si on pense que l'humain doit se " perfectionner " et être capable de vivre dans un environnement nocif car ainsi il montre sa supériorité quoi qu'il arrive.

Qu'est-ce que ça peut faire puisque de toute manière l'humanité disparaîtra un jour ou l'autre ?

Il y a les défaitistes, il y a les optimistes… L'espoir et le rêve sont des paramètres importants. L'humain pourra-t-il voyager hors du système solaire en grand nombre ? L'évolution de l'humain est-elle " finie " ? Y'a-t-il besoin de planète pour survivre ? ;o)

Merci à l'avenir de poser des questions sur des comportements que vous ne comprenez pas, plutôt que des thèmes philosophiques ! :o)

13/06/2006

ridicule : Question au logicien A la question : est-ce que détruire la planète pour préserver une société n'est pas aussi détruire cette société, vous répondez "tout à fait". Soit A = assurer la survie de la société et B = assurer la survie de la planète On a d'un côté : A = non-B (assurer la survie de la société = ne pas assurer la survie de la planète) et de l'autre non-B = non-A, (ne pas assurer la survie de la planète = ne pas assurer la survie de la société) On a donc A = non-B = non-A soit, A = non-A, contradiction. Il ne s'agit donc pas d'un problème de circonstances, de savoir si "une société peut exister sans support propre" mais de logique : on ne peut pas vouloir en même temps garantir la survie d'une société qui détruit la planète, et une qui garantie la survie de la planète.
Brillante exposition, mais n'avez-vous pas oublié le facteur TEMPS ? Assurer la survie de la société est une survie à court terme ou moyen terme, assurer la survie de la planète est à long terme voir très long terme. Le choix est un choix philosophique. Le tout est de savoir quelles valeurs vous privilégiez.

On pourrait dans la même logique introduire la survie de l'individu qui serait dans la même relation à la société que la société l'est à la planète.
Sauf qu'un individu peut survivre sans société.

Psychologiquement, on se retrouve donc avec une contradiction des survies où l'individu doit parfois choisir entre lui et la société, lui et la planète.
Une contradiction de valeur, pas de but. Il semblerait que vous ayez oublié un paramètre encore une fois : la survie est une obligation de raisonnement, et non une obligation de résultat ou de valeurs.
Le survisme ne sert qu'à déterminer les valeurs prises en compte.
Voilà pourquoi certaines personnes prenant en compte uniquement la survie de la société, n'arrivent pas aux même conclusions de comportement que si elles utilisent le facteur dominant " l'avenir de la planète ". Mais il existe encore d'autres personnes qui ont leur survie dans une modification de la société pour être plus en harmonie avec le long terme et la qualité environnementale.

Comment se résout cette tension selon vous ? Est-ce qu'une psychologie rationnelle peut abandonner sa survie au profit de la survie de la société ou de la planète ?
On peut très bien s'engager dans l'armée américaine et mourir pour défendre les valeurs de société Américaine, valeurs qui ailleurs seront jugées comme abjectes. On peut également être un éco-warrior et ne pas hésiter à menacer sa survie pour protéger la planète sans savoir si cette action aura une répercussion réelle. Les valeurs qui mènent à ces deux comportements radicalement différents ne sont pas les mêmes, mais ces valeurs sont utilisées suivant le même axe : la survie.

Vous dites : "la hiérarchie de nos intérêts de survie est innée et surtout acquise (...) Elle est différente pour chacun, même si on peut faire des groupes (personnes ayant la même philosophie)" Quelles conditions psychologiques orientent cette hiérarchie ?
Inné : exemple, une personne de grande taille n'a pas la même vision des choses qu'une petite, les moyens de défense par rapport au monde extérieur ne sont pas les mêmes, donc le cerveau n'utilise pas les mêmes éléments dominants. La petite aura tendance à se défendre en évitant les situations dangereuses, la grande aura tendance à avoir moins peur du " combat ". Les peurs n'étant pas les mêmes, les valeurs dominantes ne sont pas les mêmes.

Si elle est acquise, quelles conditions d'éducation, de formation psychologique, mèneront à la soumission de l'intérêt personnel à l'intérêt général ? C'est, en gros, une question de psychologie du développement : comment selon vous se met en place une psychologie égoïste ("moi d'abord") ou altruiste ("la communauté d'abord") ?
Il y a beaucoup trop de possibilités et aussi beaucoup trop de raisons de passer d'un bord à l'autre, pour faire une liste exhaustive.
Exemple : une personne éduquée dans le partage peut en voyant que l'autre a plus que lui alors que lui est tout aussi méritant, devenir au bout d'un certain temps, un "moi d'abord parce qu'il n'y a pas de raison ! Les autres font pareils !"
A l'inverse, une personne qui est née avec tout, peut, face à une prise de conscience tardive au contact de ceux qui n'ont rien, mettre sa vie au service des autres.
De même, une personne pauvre peut être beaucoup plus généreuse qu'une personne qui a tout.

Mais ai-je répondu à votre question ?

Un égoïste verra une menace à sa survie dans le partage, donc si vous voulez éduquer une personne pour qu'elle prenne en compte l'intérêt général, il faut lui montrer que partager n'est pas une menace pour sa survie.
A l'inverse, un altruiste qui donne tout, il faut lui montrer que sa survie passe aussi par avoir suffisamment personnellement pour pouvoir continuer à donner.

Remarque : l'altruisme total n'existe pas, dans le sens où c'est uniquement une attitude qui montre que sa survie passe par "l'image respectable", autrement dit, une grande fierté (la plupart du temps intérieure). Autrement dit, un altruiste est altruiste parce que c'est mieux pour LUI (lui avant tout). Quand deux altruistes se rencontrent, il y a souvent des tensions… Amusant non ? ;o)
Ce qui n'empêche pas qu'avec plus d'altruistes, le monde aurait sûrement un visage plus cool. Mais cette dernière phrase est un avis personnel, de la philosophie.



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