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06/06/2006

Eniuqoc : Merci pour vos réponses mais j'ai de nombreuses questions, dont celle ci: Le survisme est une démarche de cause à effet, me semble t'il, ayant pour unique support de vivre à tout prix. Comment cette théorie s'organise t'elle face à la préparation de sa mort éminente ?

La préparation à une mort éminente est une façon de maîtriser le non maîtrisable : le moment de sa mort. Maîtriser, ça rassure, c'est une forme d'harmonie, un moyen d'être fort, de satisfaire son ego, la survie de son " intégrité " (ego, âme, esprit, soi, etc). Cela peut passer par :
une "continuité temporelle" avec l'établissement d'un testament,
de parler de choses dont on n'est pas fière pour recréer de l'harmonie, "pour que les choses soient claires", ou
de parler avec des personnes avec qui on n'avait pas parlé depuis longtemps (donner un bon souvenir/continuité temporelle immatérielle), etc.

Et comment se modéliserait elle dans l'accompagnement au mourant ?

Là, c'est plus un problème de philosophie je crois, car cela dépend des choix de la personne mourante.

Le soin palliatif (si c'est la question de fond) est d'une part, d'éviter au patient les souffrances inutiles (ne pas se retrouver seul, ou ne pas être soigné, etc) d'autre part une question d'empathie de la part du soignant. La question est alors délicate au sujet du "respect de la personne" : Est-ce qu'on agit ainsi parce qu'on n'aimerait pas soi-même mourir seul sans soins, ou est-ce parce que la personne en fin de vie désire votre présence et vos soins jusqu'au bout ?

Il est vrai que certaines personnes n'aiment pas "embêter" en devenant un centre d'occupation, et que pour elle, leur survie passe par laisser le souvenir d'une personne qui ne pensait pas uniquement à elle. En même temps, parfois on ne veut pas embêter, mais on apprécierait quand même avoir une preuve d'amour, d'existence dans ces derniers moments.

Où est l'équilibre ?

Il est dur de dédramatiser la mort. Certains utilisent :
une continuité (une survie) temporelle immatérielle (une religion, une croyance, le souvenir, etc)
une continuité (une survie) temporelle physique (enfants, biens cédés à des êtres qui prendront soin des biens, etc),
d'autres arrivent à combiner les deux, en pensant que "l'existence" est une prétention, que la poussière d'étoile que nous sommes (nous sommes des éléments carbonés et ce carbone se crée à très haute température dans les étoiles) sera à nouveau utilisée sous d'autres formes et que "la mort" n'est pas si réelle que cela, etc…

Mais tout ceci est de la philosophie, pas du "survisme" (qui lui s'occupe de l'organisation des pensées, non du choix à effectuer (même si le survisme permet de voir l'ensemble des possibilités et donc, facilite certains choix)).

06/06/2006

Eniuqoc : Si l'on considère que: "Nous faisons ce qui assure notre survie, nous ne faisons pas ce qui n'assure pas notre survie" Théorie basée sur "le faire", comment expliquez vous le "non faire"? Rester sans voix et sans geste devant le danger par peur, soit tétanisé.

Bonjour, "je fais ce qui assure ma survie" est un résumé simplifié (excusez-moi si je l'utilise trop souvent plutôt que d'écrire : notre cerveau analyse les données et les organise suivant l'axe de survie, ce qui entraîne "je pense que ces valeurs assurent ma survie, et j'agis en conséquence")
Pour répondre à votre "non-faire" il y a déjà eu une réponse du 08/04/2006. Si cette réponse ne répond pas à votre question, n'hésitez pas à prendre un exemple précis.

06/06/2006

Eniuqoc : Quelles implications entraînerait la théorie du survisme dans une Société qui se construirait à partir d'elle ?

Il faut commencer par ne pas oublier qu'avec ou sans notre volonté, notre cerveau agit déjà et depuis des millénaires suivant "je fais ce qui assure ma survie, je ne fais pas ce qui n'assure pas ma survie".
Le survisme n'est que son expression consciente (plus ou moins consciente, car personne n'est infaillible et il existe toujours un décalage temporel entre le moment où on constate un événement et sa pleine prise en conscience.)

Finalement, tout n'est que "conscience" ou "pas conscience" et le survisme essaye de faire pencher la balance vers conscience.

Les implications sur une société ?
Le ridicule :
Là où certains ont besoins d'armées, de violence, il y a une arme bien plus efficace : le ridicule. La violence est une impuissance, l'expression d'un sentiment de survie non-assurée. Lorsqu'on décrit l'enchaînement qui mène à la violence, on recrée une chaîne d'information logique et la frustration (l'impuissance) est fortement amoindrie. Utiliser la violence devient ridicule (inutile) pour celui qui la reçoit (amoindrissement de la peur), et surtout, pour celui qui la génère (car la création d'une chaîne d'information lui permet de trouver les mots, et lui permet également d'économiser ses forces (survie : utiliser des mots efficaces étant moins fatiguant à moyen terme qu'utiliser la force physique).

Les luttes de pouvoir ?
Elles existeront toujours, car c'est un principe existentiel. Mais une fois de plus, lorsqu'on sait où est sa survie et où se situe celle d'autres personnes, le débat est nettement plus clair, et cette clarté permet de faire tomber les hypocrisies.

Utopie ?
Notre civilisation humaine ne meurt que lorsque l'hypocrisie/le mensonge peut se développer (mensonge volontaire ou involontaire). Que ce soit le fascisme Hitlérien qui fait croire à la société allemande des années 1930 que ses malheurs viennent de l'existence de la communauté juive, que ce soit les sociétés communistes qui placent l'ennemi dans une autre classe ; de tous temps l'organisateur de la société (le politique) trouve un mouton noir faute de trouver des solutions qui respectent chacun.

Mais ce mouton noir, il est dans notre cerveau avant tout. Ce mouton noir, c'est notre connerie (autrement dit des données incorrectes). Cette connerie peut prendre la forme d'un ego surdimensionné (parce que notre survie nous semble menacée par les différences), elle peut prendre la forme de la violence, de la drogue, du mensonge, etc…
Pourquoi utiliser des voitures polluantes alors que ça nuit à moyen terme à notre planète, et ensuite à notre santé ? Parce que les pubs des voitures ne nous montrent jamais une voiture prisonnière d'un embouteillage mais au contraire, toujours libre ? Et pourquoi ? Parce qu'il faut vendre, et que cette vente permettra d'autres ventes comme celle de l'essence. Et pourquoi la vente d'essence est primordiale à la société ? Parce que les taxes qu'elles rapportent nourrissent notre société. Sans taxes pétrolières, tous les états (ou presque) s'écroulent. Cessation de paiement. Ainsi, parce que notre société doit survivre, parce que la société assure (ou devrait assurer) notre survie, on détruit notre planète.

Alors le survisme là dedans ?
Il décrit simplement cette chaîne de choix liés à la survie, liées aux priorités que l'on s'impose. Comme je l'ai écrit dans le livre, la conscience n'apporte souvent que la frustration de son impuissance. Mais cette frustration n'est qu'un décalage entre ce qu'on pense, (ce qu'on désirerait) et ce qui est réellement. Alors finalement, cette frustration n'est qu'une flemme face à la tache à accomplir. Comprendre cette frustration et comprendre la flemme (flemme = économie d'efforts donnant le sentiment (souvent faux) d'assurer notre survie), permettent d'être encore mieux conscient et de trouver des solutions. Le survisme ne supprime pas la violence, l'erreur en tout genre, l'égo, etc… Ces éléments seront toujours là dans la nature humaine car dans certains moments ils servent notre survie.
Mais le survisme permet leur maîtrise sans contrainte hypocrite.
Toutes ces " erreurs " ne sont que des données dans une chaîne de causes et d'effets.

Voir : Survisme = big brother ? et Survisme = tueur d'imaginaire ?

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