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02/05/2006

Psyence : La catégorie " survie " est fortement impliquée dans tout comportement humain. C'est pourquoi il est difficile de réfuter une théorie ayant pour hypothèse fondamentale une idée aussi générale que celle de survie.
"Aussi générale", mais qui porte sur chaque cas particulier.
Ce qui est bien différent de l'affirmation que la cause, le pourquoi de nos agissements est la survie, c'est la considération que dans tous agissements nous avons une certaine conscience de notre survie.
Tout à fait.

Pour que la notion de survie soit effective dans un comportement, nous sommes forcés de reconnaître que la vie doit-être implicitement mise en danger par celui-ci. Un comportement motivé par la survie a pour objet d'éviter une mort réelle ou imaginaire.
Là commence un problème : le suvisme est-il un principe de bourrins qui ne prend pas en compte des subtilités de la vie humaine ? Un système manichéen ou binaire ? (question que l'on me pose parfois).
Réponse : Non. Un facteur de survie participe à la survie, il n'est donc pas obligé d'y avoir la notion de mort immédiate. (voir exemple au paragraphe prochain)
Ainsi tout comportement qui ne mets pas la vie en danger n'est pas un comportement motivé par la survie. Comment un comportement motivé par la survie pourrait-il existé dans une situation où la mort n'est impliquée d'aucune façon ? La mort est impliquée, mais pas à brève échéance. Un exemple : J'ai bu de l'eau, il y a 5 minutes et possède suffisamment de litres pour assurer ma survie de façon satisfaisante les prochains jours. Comment la survie pourrait-elle être la raison de mon comportement de boire maintenant un sirop ?
Le survisme a une profondeur que la simple alternative "survie/pas survie" ne semble pas vous évoquer. Alors voici la démonstration : L'un des facteurs de survie de l'humain (facteur voulant dire "qui existe mais qui n'est pas forcément prépondérant à l'instant T"), est "avoir un bon moral, se sentir bien". Ne pas se sentir bien, est un facteur de dépression et cette dépression mène à la mort (à court ou long terme). Si à un moment vous en avez marre de boire de l'eau, mais que vous avez soif, quelle alternative a votre cerveau ? Celui de boire autre chose que de l'eau : un sirop dans votre exemple. Car un sirop change la couleur de l'eau, change le goût, (ces changements ne vous menacent pas, au contraire, ce changement vous apporte du bien être), et apporte du sucre. Au moment précis où vous décidez de boire un sirop au lieu d'eau, votre choix est fonction de survie, même si cette dernière est subtile, et que la menace (si vous ne changez pas d'habitude, notions d'étouffements, etc…) est éloignée.
Que la mort soit envisagée dans toute action et détermine le choix d'un comportement adapté à la survie se distingue des raisons de ce comportement.
Un comportement serait donc issu de rien ? Pour ma part, je pense que le cerveau analyse (sauf quand on parle de réflexe, mais le survisme ne s'occupe que de l'organisation de la pensée) les éléments présents, et agit en conséquence. Et parfois il se trompe en ne prenant pas en compte les réelles valeurs des éléments présents.
Entre le sirop et le poison, j'aurais très certainement fait un choix impliquant ma survie et votre " théorie " serait validée.
Vous validez parce que là l'échéance est immédiate, mais je vous l'ai dit : le cerveau humain est apte à prendre en compte un événement lointain. Les facteurs subtils rentrent donc en jeu. Mais ces facteurs sont axés aussi sur la survie.
Mais entre du sirop et un cola, en quoi la survie intervient-t-elle dans la réalisation de ma préférence ? (qui peut tout aussi bien se transposer au niveau psychologique) C'est-à-dire l'agissement de boire du cola ou du sirop.
Ne connaissant pas vos goûts, je ne peux pas dire si c'est parce que le "… cola" vous donne mal au ventre, ou si vous préférez les bulles, le goût, la politique du fabricant, le pays d'origine, la composition chimique, etc, etc, tous ces facteurs que vous privilégiez parce qu'ils assurent mieux votre survie que l'inverse. Exemple : Si vous êtes breton, pour privilégier un pays qui vous concerne (qui assure votre survie), vous pouvez préférer un cola qui vient de Bretagne. Si vous détestez un pays (que ses valeurs n'assurent pas votre survie), vous aurez tendance à le fuir si possible.
Ce cas de figure démontre que le pourquoi de tout comportement n'est pas nécessairement une question de survie, mais que toute acte pose la question de la survie.
Si vous séparez "acte" de "comportement" je ne vois pas de quoi vous parlez.
Acte n. m. I. 1. Ce qui est fait par une personne.
Comportement n. m. 1. Manière d'agir, de se comporter.
2. PSYCHO Ensemble des réactions, des conduites conscientes et inconscientes (d'un sujet). Psychologie du comportement:
© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 1999

"manière de faire" est un des paramètres de "faire" Une manière de faire ne peut s'exprimer sans "faire", et "faire" implique obligatoirement une manière, non ?
En ce qui me concerne en réduisant tout agissement à une seule raison d'agir votre théorie occulte systématiquement une distinction importante : - la survie est impliquée dans tout comportement, mais n'est pas la cause du comportement lui-même lorsque celui-ci n'a pas pour but de l'assurer directement.

Répétition : on peut assurer sa survie à court terme, à moyen terme ou à long terme. Plus c'est loin, plus c'est subtil car ça fait appel à l'anticipation et à l'accumulation de savoirs. Mais la finalité reste la même : assurer ma survie.
J'ai lu que vous dites : "Le moteur de l'action n'est pas le résultat de l'action." Cette affirmation marque une distinction importante, néanmoins j'estime que vous faites une confusion : - le moteur de l'action est ce qui permet d'agir en termes de possibilités pas en termes de raison d'agir. Pour mieux comprendre cela, je pourrais me référer à Aristote qui marque une distinction entre "cause motrice" et "cause finale". (*distinction qui vient d'être explicitée ci-dessus en d'autres termes)

(j'avais pourtant bien demandé à chaque participant sur ce forum de ne jamais citer des auteurs sans leur argumentaire précis ! ;o)
Donc, pour info, se reporter à la BNF (ou ailleurs).
Aristote utilise dans ses raisonnements pour expliquer les chose, la notion divine. Moi non. Pourquoi ? Parce que dieu on peut lui faire dire tout et n'importe quoi. (Et il n'est pas question de discuter de l'existence de Dieu, car même si dieu n'est qu'une idée, une idée pour qu'elle existe, il suffit de l'émettre.) Comme vous l'avez explicité au dessus, j'en ai fait de même sur les différences entre "permettre d'agir" et "raison d'agir".
Vos interlocuteurs répondent avec des exemples situés dans le résultat de l'action, vous répondez en vous situant au niveau du moteur de l'action.

Oui, c'est le principe du forum : on me donne un comportement ou une pensée, et j'essaye de donner (trouver) les éléments pour comprendre le cheminement qui a permis cette pensée ou action, suivant l'axe de survie.
Il est nécessaire de considérer que le moteur de l'action, qui obéit à des lois tel que la survie, trouve sa raison d'être, et donc d'agir POUR le résultat de l'action. L'on ne saurait aboutir sans l'autre, mais un est au service de l'autre dans le respect de ses exigences.
Oui.
(autrement dit avec tous les éléments qui précèdent et si j'ai su comprendre : vous avez envie qu'il reste du mystère et être fasciné par ce mystère. Je n'ai pas l'intention de vous en priver en vous forçant à quoi que ce soit. Votre survie passe par le respect du mystère et je respecte votre choix, n'ai pas l'intention de vous dire comment vivre : le survisme montre les choix possibles avec leurs cheminements, mais la philosophie de vie, elle, dépend de chacun et ne me concerne pas (sauf si vous veniez menacer ma survie mais là, il n'y a acucun problème.)
Le survisme n'est pas un principe absolu.

Peut-être, mais jusqu'à trouver un exemple invalidant, cet absolu relatif reste d'actualité et reste pleinement efficace pour comprendre. Cordialement.
Non moins cordialement. A votre service. :o)

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