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05/04/2006
et 2ème question du 08/04/2006

tboitel : Tout d'abord je dois dire que je suis convaincu par votre théorie. Il est vrai que 99.99 % des actions de l'homme sont gouvernées par sa volonté d'assurer sa survie (physique, sociale, idéologique, etc.) Je pense toutefois avoir trouvé un cas particulier allant à l'encontre de tout instinct de survie : Le "lâcher prise" Cela peut être le lâcher prise temporaire de nos instincts de survie, quand l'on se jette d'un pont pour faire du saut à l'élastique, ou que l'on fait un tour de grand huit ou notre survie dépend uniquement de l'équipement et où nos actes nous mettent potentiellement en danger, de façon consciente et non suicidaire, ni forcément pour le plaisir de l'acte, en particulier si la personne est effrayé à l'idée de le faire et effrayé au moment ou elle le fait et qu'elle n'en retire aucun bénéfice (peur avant, peur pendant, éventuel traumatisme après). Mais l' exemple le plus concret serait une personne suspendue à une corniche suite à un accident, et qui après quelques minutes lâche prise (littéralement), se laissant tomber vers sa mort. Dans ce cas la personne ne commet pas un suicide, elle ne perd pas son "essence pour la vie", elle ne lâche pas prise pour mettre fin à ses souffrances, elle lâche prise par manque d'espoir de survie, elle ne croit plus en sa survie ou commence à en douter et perd la force d'esprit nécessaire pour rester accrocher à la corniche, sa survie. J'insiste sur le fait que la personne n'abandonne pas complètement (ce qui pourrait revenir à vouloir mette fin à la souffrance, donc un suicide indirect), un simple relâchement de son instinct de survie entraînera sa chute et sa mort alors même qu'elle souhaite encore survivre. Enfin pour terminer je reprendrai l'exemple donné par un visiteur : une personne hypnotisée pour causer sa propre mort. Vous dites que dans ce cas la personne pense assurer sa survie en suivant scrupuleusement les ordres énoncés par l'hypnotiseur. C'est vrai...mais revenons en arrière... Pour que cette personne puisse être hypnotisée il a fallu qu'elle "lâche prise", ce qui va à l'encontre de sa survie. (et causera sa mort dans ce cas précis)

Préambule : félicitations pour votre analyse qui prend bien en compte tout un tas de paramètres (ce qui change des approches méprisantes de certaines personne ne voyant dans le survisme qu'une théorie binaire, primitive, simpliste, sans comprendre que la symbolique du " o " et du " 1 " n'en fait pas du tout un système manichéen mais au contraire un système qui prend en compte la morale, les goûts, les valeurs, l'éducation, les accidents, etc, etc !).

Pour répondre au " lâché prise " : il y a un paramètre à ne pas oublier : la survie dans la soumission. Ainsi pour une personne hypnotisée il a fallu qu'elle "lâche prise", ce qui ne va pas à l'encontre de sa survie.
Accepter de ne plus avoir dans ses mains la responsabilité de son destin, de son futur…
Cette soumission est facile à comprendre dans les organisation militaires ou à hiérarchie stricte (religieuse ou non), facile à comprendre lorsque dans un groupe, l'individu accepte d'avoir sa vie suspendue à un fil tenu par ses coéquipiers ; mais plus difficile à comprendre lorsqu'en face, il n'y a plus rien (comme dans le cas que vous donnez de la personne sur une corniche et qui se laisse tomber dans le vide).

Voici un schéma qui a mon avis, montre les éléments présents dans cette situation :

Ainsi, n'oublions pas que " mettre sa vie dans d'autres mains que les siennes " c'est ne plus se mettre au centre. Certains disent que c'est un signe d'humilité, d'autres que c'est un signe de lâcheté. A vous de juger suivant vos valeurs. Mais la priorité sera toujours suivant les valeurs représentant le mieux votre survie.

08/04/2006

tboitel : Si vous comprenez mon argumentation vous comprendrez que la corniche n'est pas le seul cas possible mais qu'un grand nombre de situation analogiques peuvent être imaginées. Il suffit de se laisser envahir par la peur ou le doute dans n'importe quelle situation où le doute et la peur ont un effet affaiblissant immédiat pour aller à l'encontre de sa survie :
- un militaire en plein champ de bataille qui soudain remarque qu'il est pris pour cible et se retrouve figé par la peur. N'assure pas sa survie.
- Une personne traversant la route et qui soudain remarque une voiture fonçant droit sur elle... la personne peut elle aussi se figer sur place par peur et surprise, n'assurant plus sa survie. Ces deux exemples sont des cas documentés et réels. Même si on peut argumenter que le fait de se figer est un mécanisme de survie où l'on tente de se soustraire à la réalité pour s'en protéger, il n'est reste pas moins que çà n'assure pas notre survie et qu'on peut pourtant le faire. Je cite la définition du survisme : "je ne fais pas ce qui n'assure pas ma survie", rester sur place quand une voiture vous fonce dessus est un acte qui n'assure pas votre survie, des gens en sont morts ;) ...

Non. Rester figé n'est pas un mécanisme de survie.

Alors comment comprendre ça ?

Le survisme :
" Description de la pensée humaine suivant l'axe de survie… "

Or, lorsque quelqu'un reste figé par la peur, y'a-t-il " pensée " ?
(que ce soit un militaire face au feu, une personne sur une route, une personne sur une corniche ou n'importe quel autre exemple de ce type…)
Description des éléments présents :

1 - Un être capable de raisonner + une très très grande menace
(Une personne face à une mitrailleuse en action)
2 - Un être capable de raisonner + une menace non identifiée
(un enfant sur une voie de chemin de fer avec un train qui arrive sur lui)

1 - la très très grande menace génère soit une recherche intense d'une solution pour survivre, (le cerveau tourne à plein régime cherchant une solution de survie, saturant ses capacités d'analyse, au point d'en oublier que le danger arrive), soit une incrédulité, comme une sorte de remise en cause permanente de la menace présente (le cerveau dit : " non, cette menace n'est pas possible, pourtant elle est en face de moi… Mais non cette menace n'est pas possible, pourtant elle est en face de moi… ") amène à une incapacité de prendre une décision.

La " pensée " n'est pas aboutie ou est incapable d'exister. Il n'y a pas d'acte en conséquence.

Je passe sur deux éléments qui jouent dans ces situations mais dont les paramètres sont différents pour chacun d'entre nous, à savoir notre sensibilité à la chimie du cerveau (lors d'une peur intense le cerveau déclenche la diffusion de plusieurs éléments chimiques) et notre réseau électrique (notre système nerveux), deux éléments qui peuvent troubler les facultés d'analyse mais qui ne sont pas de " l'analyse de données proprement dite ".

Donc, dans ce cas, on ne peut absolument pas prouver que le cerveau est en mesure de penser correctement.

De plus, la survie n'est en aucun cas une obligation de finalité à tous nos gestes ! La survie est l'axe de réflexion, mais ça n'empêche absolument pas de prendre les mauvaises décisions ou d'avoir le cerveau en marmelade ! Sinon, on pourrait se croire éternel puisque nos pensées et actes sont toujours fonction de notre survie ! B'en oui, mais notre faculté n'analyse n'est pas infaillible, on se trompe. Et l'erreur… Entraîne parfois la mort. (dans vos exemples)

Pour le cas numéro 2 : la personne ne comprenant pas la suite de causes et d'effets, il est parfaitement normal qu'elle ne réagisse pas car pour elle, il n'y a pas de danger. Sa survie n'étant pas menacée, elle ne réagit pas. Là encore, tout le monde peut se tromper en prenant mal en compte les éléments présents.

Remarque : je sais que ce n'est pas " obligé " par le défi, mais le livre
" psychologie et si on arrêtait les conneries ? " a déjà répondu en partie aux problèmes ci-dessus. Et à de nombreux autres ! :o)

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